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Marchand de biens : réglementation et cadre juridique complet

L’activité de marchand de biens en France obéit à un cadre réglementaire qui définit les conditions d’exercice, les obligations légales et le régime fiscal applicable.

Définition et conditions d'exercice du statut de marchand de biens

Le marchand de biens exerce une activité commerciale d’achat-revente immobilière dans le but de générer une plus-value. Contrairement aux idées reçues, cette profession non réglementée est accessible sans formation obligatoire, bien qu’elle nécessite de nombreuses compétences juridiques et techniques. Connaître les conditions et démarches à respecter pour se lancer est également un atout. 

Définition juridique et caractéristiques de l'activité

L’activité de marchand de biens se définit par l’acquisition de biens immobiliers dans l’unique perspective de les revendre rapidement. L’administration fiscale considère qu’une personne exerce cette activité dès lors qu’elle réalise deux ou trois opérations d’achat-revente avec une intention spéculative avérée sur une période rapprochée. Cette intention s’apprécie au moment de l’acquisition, et non lors de la cession du bien.

Les critères utilisés pour qualifier l’activité incluent les délais entre acquisition et revente, le montant des profits générés, ainsi que la situation géographique des opérations. Un particulier qui acquiert un bien dans une logique patrimoniale de long terme n’entre pas dans cette catégorie, même s’il le revend ultérieurement avec profit.

Périmètre d'intervention et types de biens concernés

L’activité de marchand de biens s’applique à plusieurs catégories d’actifs immobiliers. L’acquéreur peut intervenir sur des immeubles résidentiels (maisons et appartements), des terrains constructibles, des locaux commerciaux, des fonds de commerce, ou encore des parts de sociétés immobilières. La stratégie peut donc être adaptée aux opportunités du marché local.

Type de bien

Particularités

Immeubles résidentiels

Maisons et appartements destinés à la revente après rénovation

Terrains constructibles

Parcelles viabilisées ou à viabiliser pour promotion immobilière

Locaux commerciaux

Boutiques, bureaux, entrepôts avec potentiel de valorisation

Parts sociales

Participations dans des sociétés à prépondérance immobilière

Accessibilité de la profession et compétences requises

À la différence des agents immobiliers qui doivent obtenir une carte professionnelle délivrée par la Chambre de Commerce et d’Industrie, aucun diplôme ni certification n’est exigé pour devenir marchand de biens. Cette absence de réglementation facilite l’accès à cette profession pour les entrepreneurs motivés. Toutefois, la réussite dans ce domaine exige des connaissances solides en droit immobilier, en réglementation de la construction, en urbanisme et en copropriété. La maîtrise des aspects fiscaux, comptables et juridiques devient indispensable pour sécuriser vos opérations. L’intervention d’experts (notaire, expert-comptable, assureur spécialisé) est nécessaire pour encadrer les transactions dans un cadre légal optimal. 

Statuts juridiques et immatriculation obligatoire

L’exercice de l’activité de marchand de biens nécessite une structure juridique adaptée et une inscription officielle auprès des autorités compétentes. Sans ce cadre, l’activité d’achat-revente immobilière professionnelle ne peut pas être conforme. Il est également possible d’exercer cette activité en tant que non professionnel

Le cadre juridique obligatoire du marchand de biens

Contrairement à l’investisseur particulier qui réalise ponctuellement des transactions immobilières, le marchand de biens exerce une activité commerciale à titre habituel. Cette qualification implique une immatriculation obligatoire au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) auprès de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) territorialement compétente. Cette inscription officialise la qualité de commerçant et permet de recevoir un numéro SIRET, indispensable pour exercer légalement. La déclaration doit préciser la nature exacte de l’activité exercée, à savoir l’achat de biens immobiliers en vue de leur revente, ainsi que les types de biens concernés (immeubles d’habitation, terrains, locaux commerciaux) et les modalités habituelles de transaction (achat comptant, recours au crédit).

L’absence d’immatriculation expose le praticien à des sanctions pénales pour travail dissimulé, ainsi qu’à une requalification fiscale de ses opérations avec application de pénalités majorées. L’inscription au RCS confère également une légitimité professionnelle vis-à-vis des partenaires financiers, des notaires et des vendeurs potentiels.

Les structures juridiques disponibles

Le marchand de biens dispose de plusieurs options pour structurer son activité. Ce choix conditionne la fiscalité, les obligations administratives et la protection patrimoniale du praticien.

L’entreprise individuelle permet d’exercer en nom propre, sans création de personne morale séparée. Sous ce statut, la gestion administrative est simplifiée : immatriculé au RCS, vous déclarez votre activité auprès de la CCI. Vos bénéfices sont directement imposés dans la catégorie des BIC, selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Attention, l’absence de séparation entre votre patrimoine personnel et professionnel, peut exposer vos biens propres aux créanciers professionnels.

Dans le cadre d’une société commerciale (SARL, SAS, EURL), la protection patrimoniale est supérieure grâce à la création d’une personne morale distincte. Les formalités d’immatriculation auprès de la CCI et du RCS sont plus complexes mais sécurisent votre patrimoine personnel. Les sociétés commerciales peuvent opter pour l’impôt sur les sociétés (IS), avec un taux de 15% jusqu’à 42 500€ de bénéfices puis 25% au-delà. Grâce à ces avantages fiscaux, les bénéfices peuvent être réinvestis dans de nouvelles opérations.

La société civile immobilière, initialement conçue pour la gestion locative, peut être utilisée pour des opérations d’achat-revente à titre occasionnel mais ne convient pas pour des opérations répétées car elle présente un risque de requalification en société commerciale par l’administration fiscale. Dans ce cas, la SCI perd son caractère civil et devient assujettie à l’IS, avec immatriculation obligatoire au RCS et application du régime des BIC.

Structure

Responsabilité

Régime fiscal

Complexité administrative

Adéquation MDB

Entreprise individuelle

Totale (sauf EIRL)

IR (BIC)

Faible

Déconseillée

SARL

Limitée aux apports

IS ou IR (option)

Moyenne

Adaptée

SAS/SASU

Limitée aux apports

IS ou IR (option)

Moyenne à élevée

Recommandée

Auto-entrepreneur

Totale

Micro-BIC

Très faible

Non adaptée

SCI

Variable

IR (revenus fonciers)

Faible

Non adaptée

Pourquoi la SARL et la SAS sont privilégiées ?

La SARL (Société à Responsabilité Limitée) profite d’un cadre sécurisant avec une responsabilité des associés limitée au montant de leurs apports. Son fonctionnement encadré par la loi rassure les partenaires bancaires lors des demandes de financement. La gérance peut être confiée à un ou plusieurs associés, avec une rémunération soumise aux cotisations sociales du régime des travailleurs non-salariés (TNS), moins coûteuses que le régime général.

La SAS (Société par Actions Simplifiée) ou sa variante unipersonnelle SASU se distingue par sa souplesse statutaire. Les associés définissent librement les règles de gouvernance, de répartition des pouvoirs et de prise de décision. Le président de SAS relève du régime général de la Sécurité sociale, ce qui facilite l’accès au crédit immobilier personnel. Cette structure permet également d’accueillir facilement de nouveaux investisseurs et d’organiser des montages financiers complexes.

Les structures inadaptées à l'activité de marchand de biens

Le statut d’auto-entrepreneur présente des limitations rédhibitoires pour cette profession. Le plafond de chiffre d’affaires (188 700 € en 2026 pour les activités commerciales) se révèle rapidement insuffisant compte tenu du montant des opérations immobilières. De plus, le régime micro-BIC ne permet pas de déduire les charges réelles (travaux, intérêts d’emprunt, honoraires), ce qui génère une imposition disproportionnée par rapport à la marge réelle dégagée.

La SCI (Société Civile Immobilière) constitue également un choix inapproprié. Cette structure à vocation patrimoniale ne permet pas l’exercice d’une activité commerciale habituelle. Les opérations d’achat-revente réalisées par une SCI entraînent automatiquement sa requalification en société créée de fait, avec des conséquences fiscales lourdes : assujettissement à l’impôt sur les sociétés sans possibilité de déduire l’amortissement des biens, et responsabilité illimitée des associés sur leur patrimoine personnel.

Obligations légales et réglementaires

Le cadre légal de l’activité de marchand de biens impose un ensemble d’obligations réglementaires qui doivent être respectées. Ces contraintes légales visent à protéger les acquéreurs et à garantir la transparence des transactions immobilières.

Les démarches administratives et obligations comptables

L’immatriculation au RCS s’accompagne de plusieurs formalités complémentaires. Vous devrez rédiger les statuts de la société, nommer les dirigeants, ouvrir un compte bancaire professionnel pour y déposer le capital social, puis publier un avis de constitution dans un journal d’annonces légales. Le dossier complet sera transmis au greffe du tribunal de commerce compétent.

Une fois immatriculée, votre entreprise doit tenir une comptabilité conforme au plan comptable général. Cette obligation implique la collaboration avec un expert-comptable qui assurera :

  • La saisie mensuelle des écritures comptables (achats, ventes, charges, produits)

  • L’établissement des déclarations de TVA trimestrielles ou mensuelles selon le régime choisi

  • La production du bilan annuel, du compte de résultat et de l’annexe

  • Le calcul et la déclaration de l’impôt sur les sociétés

  • La préparation des documents sociaux pour l’assemblée générale annuelle

Cette rigueur comptable vous permet de suivre précisément la rentabilité de chaque opération, d’optimiser votre fiscalité et de présenter des comptes fiables aux établissements bancaires lors de vos demandes de financement. Elle garantit également votre conformité vis-à-vis de l’administration fiscale, limitant ainsi les risques de redressement.

Assurances obligatoires pour les opérations de rénovation

Le marchand de biens n’est pas tenu de souscrire ces assurances s’il se contente d’acheter, faire rénover par des tiers et revendre sans assumer la responsabilité des travaux. En revanche, s’il engage des travaux ou agit en tant que constructeur (c’est-à-dire s’il coordonne ou assume la responsabilité des travaux), plusieurs assurances sont nécessaires :

  • L’assurance dommages-ouvrage, qui garantit le financement des réparations des défauts relevant de la garantie décennale, sans attendre une décision de justice. Son coût représente généralement entre 1,5% et 3% du montant des travaux.

  • L’assurance responsabilité civile pro, qui couvre la responsabilité du marchand de biens ou du prestataire de services en cas de dommages causés à des tiers (clients, fournisseurs, visiteurs) dans le cadre de son activité professionnelle, y compris les erreurs, omissions ou négligences. Elle permet d’indemniser les victimes et de protéger l’entreprise contre les conséquences financières de ces sinistres.

  • L’assurance responsabilité civile décennale qui couvre votre responsabilité pendant dix ans après la réception des travaux. Elle s’applique aux dommages compromettant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination.

Diagnostics techniques et certificats à fournir

Avant chaque vente, vous devez constituer un dossier de diagnostics techniques (DDT) comprenant plusieurs documents obligatoires. Le diagnostic de performance énergétique (DPE) informe l’acquéreur sur la consommation énergétique du bien. Depuis avril 2023, sa durée de validité est de dix ans. Ce dossier doit également inclure les éléments suivants, selon la nature et l’ancienneté du bien :

  • L’état des risques et pollutions (ERP) recense les risques naturels, miniers, technologiques et la pollution des sols

  • Le diagnostic amiante pour les biens construits avant juillet 1997

  • Le constat de risque d’exposition au plomb (CREP) pour les logements antérieurs à janvier 1949

  • L’état de l’installation intérieure d’électricité et de gaz si elle date de plus de quinze ans

  • Le diagnostic termites dans les zones concernées par un arrêté préfectoral

Responsabilités juridiques et garanties légales

La responsabilité du marchand de biens s’étend au-delà de la transaction. Vous êtes tenu à une garantie des vices cachés qui couvre les défauts non apparents lors de la vente, rendant le bien impropre à l’usage auquel on le destine. Cette garantie engage votre responsabilité pendant deux ans après la découverte du vice.

Avec une bonne maîtrise du droit de la construction, de l’urbanisme et de la copropriété, vous pourrez aisément sécuriser vos opérations. Vérifiez simplement la conformité des travaux avec les règles d’urbanisme locales, respectez les règlements de copropriété et assurez-vous de la régularité des autorisations administratives obtenues.

Compétences techniques et gestion des opérations immobilières

Si l’absence de diplôme requis fait partie des avantages pour exercer une activité de marchand de biens, celle-ci repose tout de même sur des compétences variées. Outre la transaction immobilière, vous devez développer une expertise pointue dans plusieurs domaines interconnectés : fonctionnement du marché immobilier, évaluation des bâtiments et règlementations juridiques. Le marchand de biens a toujours la possibilité de faire intervenir des professionnels qualifiés pour les tâches qu’il maîtrise moins, mais avec l’expérience, la rentabilité du projet s’en trouve décuplée.

Maîtrise du marché immobilier et analyse des prix

Un marchand de biens doit avant tout être capable d’apprécier la qualité d’un bien. Pour cela, il étudie en permanence les prix au mètre carré de son secteur d’investissement, de manière à comprendre les facteurs qui influencent la valeur des biens et anticiper les évolutions du marché. Cette veille permet d’identifier les opportunités d’achat en dessous du prix du marché et de fixer des prix de revente pertinents. Les délais de vente dans différents quartiers donnent une indication précieuse pour ajuster sa stratégie commerciale.

Expertise technique en bâtiment et travaux

La connaissance des travaux de rénovation est un atout pour évaluer précisément les coûts d’amélioration d’un bien. En tant que marchand de biens, vous devez être capable d’identifier les défauts du bâtiment, d’estimer le budget nécessaire pour chaque type d’intervention et de prévoir les délais de réalisation, dans le respect des normes de construction actuelles et des réglementations environnementales. Vous pourrez ainsi concevoir des projets conformes aux exigences légales sans réduire la rentabilité de votre acquisition.

Un réseau professionnel qualifié

Plus vous aurez un réseau de contacts professionnels étendu et performant, plus vous pourrez profiter d’opportunités immobilières. Cultivez des relations de confiance avec des notaires qui vous orienteront vers des biens en succession, des agents immobiliers qui vous présenteront des mandats exclusifs, des artisans fiables qui respecteront vos budgets et délais, et des experts-comptables qui optimiseront votre fiscalité. Cette communauté de partenaires est votre principal atout pour découvrir des affaires avant qu’elles n’arrivent sur le marché public.

Veille juridique et réglementaire permanente

Les règles d’urbanisme, les normes de construction et les dispositifs fiscaux évoluent régulièrement. Vous devrez suivre ces modifications pour adapter vos pratiques et saisir les nouvelles opportunités qu’elles créent. Une formation continue vous permet de maîtriser les aspects techniques de votre activité et d’anticiper les changements réglementaires qui pourraient affecter vos projets en cours ou futurs.

Marchand de biens : une activité encadrée

L’activité de marchand de biens, bien qu’accessible sans diplôme, exige une combinaison de compétences pointues, mais surtout une bonne connaissance du cadre juridique qui s’applique pour l’exercer : immatriculation obligatoire au RCS, respect des obligations comptables et fiscales, souscription d’assurances spécifiques en cas de travaux, et fourniture des diagnostics techniques légaux avant chaque vente. La réussite dans ce métier repose sur des compétences variées – maîtrise du marché immobilier, expertise technique en bâtiment, gestion d’un réseau professionnel solide et veille juridique permanente – ainsi que sur la capacité à sécuriser chaque opération grâce à des partenaires qualifiés (notaires, experts-comptables, artisans). Enfin, la garantie des vices cachés et le respect des normes d’urbanisme et de construction renforcent la crédibilité du marchand de biens, tout en protégeant les acquéreurs et en optimisant la rentabilité des projets. Ce métier, exigeant et dynamique, allie liberté entrepreneuriale et rigueur professionnelle.

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